SAISON 2 ~ Episode 1 : Ceux qui ont pris une décision lourde de conséquences.
Ce billet, j'ai longtemps hésité à l'écrire : il n'est pas dans le ton habituel des épisodes de GoM.
Certains sujets ne peuvent être tournés en dérision.
Je pourrais presque rajouter un libellé "mélo familial", même si je n'ai pas voulu écrire un article tire-larmes. Je pense avoir besoin d'en parler, mais quand j'évoque le sujet, je me sens gênée, mes interlocuteurs également : cela ne nous mène nulle part et ne me soulage aucunement.
Ce blog me semble donc un lieu d'échange idéal pour évoquer cet épisode de ma vie : pour moi, il est plus facile d'exprimer des émotions derrière un écran.
***
Quand j'ai écrit cet article, pour la première fois depuis presque trois semaines il pleuvait à mon réveil.
Ce qui m'a fait inévitablement penser à cette chanson :
Quand nous avons décidé d'avoir un enfant en 2006, nous pensions qu'éventuellement je pourrais avoir des difficultés pour "tomber" enceinte. Par contre nous n'envisagions pas une suite de grossesse compliquée. Je n'avais que rarement entendu parler de fausse couche, très peu de personnes de mon entourage avaient été confrontés à cette épreuve. Je ne connaissais pas grand chose aux mystères de la grossesse. Pour tout dire, je croyais que le placenta était la paroi de l'utérus après la nidification... ( C'est dingue en y repensant ). A vrai dire, tout cela ne m'avait jamais vraiment intéressé. Pour moi la grossesse était un passage obligé afin d'obtenir notre petit bébé.
Les 3 premiers mois se sont bien passés et la première échographie fut magique : je me rappelle que nous avons été fascinés par ses petits doigts et que LdmJ s'imaginait déjà en train de lui apprendre à jouer de la guitare.
Les 3 premiers mois se sont bien passés et la première échographie fut magique : je me rappelle que nous avons été fascinés par ses petits doigts et que LdmJ s'imaginait déjà en train de lui apprendre à jouer de la guitare.
Les soucis ont commencé peu de temps après. Nous avons fait les tests sanguins afin de déterminer la probabilité que le fœtus soit atteint de trisomie 21. J'étais confiante, j'avais 28 ans et la clarté nucale était parfaite. Je savais également que ces foutus tests donnaient beaucoup de faux positifs ou de faux négatifs ( environ 25 % : ce qui est ÉNORME ) et que ce n'était qu'une probabilité au final. Et pourtant, nous nous sommes laissés convaincre de les réaliser ...
Après 3 jours passés à Paris, durant lesquels nous avons beaucoup marché : musées, balades ... j'avais eu quelques crampes et de légères pertes de sang. Je suis donc retournée voir ma gynécologue, et ce fut là qu'elle m'appris la mauvaise nouvelle : nous avions 1 risque sur 90 de mettre au monde un enfant trisomique. De plus, les pertes de sang étaient liées à un placenta bas inséré. Elle m'a expliqué que compte-tenu de ces symptômes et du calcul aléatoire de risque, il serait préférable de faire une amniocentèse. Je me rappelle avoir beaucoup pleuré en sortant de son cabinet ...
Le risque de fausse-couche suite à cet examen est élévé : 1 risque sur 100 ( si on compare au 1/90 d'avoir un enfant trisomique, c'était au final bien proche ). Nous en avons parlé avec des médecins et de la famille, et aucune personne ne nous a vraiment mis en garde. "Le risque existe mais ...",
Notre décision fut prise rapidement. J'étais alors enceinte de 18 semaines. L'examen s'est bien passé et fut très rapide : il s'agit de prélever un petit peu de liquide amniotique directement dans l'utérus. Ce fut fait à l’hôpital dans des conditions d'hygiène qui m'ont semblé parfaites.
Et pourtant ...
3 jours plus tard, le 14 septembre 2006, j'ai débuté une grave infection de la paroi utérine qui n'a laissé aucune chance à notre futur enfant. En arrivant à l’hôpital fiévreuse, elle s'était déjà envolée : car oui, c'était une fille. Le reste est très douloureux et n'appartient évidemment qu'à nous.
3 jours plus tard, le 14 septembre 2006, j'ai débuté une grave infection de la paroi utérine qui n'a laissé aucune chance à notre futur enfant. En arrivant à l’hôpital fiévreuse, elle s'était déjà envolée : car oui, c'était une fille. Le reste est très douloureux et n'appartient évidemment qu'à nous.
J'ai refusé de suivre une psychothérapie par la suite, et je sais que j'aurais dû. Mais j'ai arrêté après un seul rendez-vous. Evidemment les résultats de l'amniocentèse n'ont révélé aucune anomalie sur le foetus et m'ont plongé dans un profond sentiment de détresse et de culpabilité.
Je n'ai pas eu confiance en cette enfant. Ce qui était arrivé me semblait être uniquement de ma faute : étant enceinte je me devais de la protéger et au contraire j'ai autorisé un geste chirurgical invasif et inutile qui ne lui a laissé aucune chance de vivre. Que de reproches je me suis fait, et je me fais encore.
Un jour, petite fille, j'ai demandé à ma maman si elle aurait souhaité que mon frère ( mort à 7 semaines de la MSN ) soit toujours là. Elle m'a expliqué simplement et en me prenant dans ses bras, que s'il avait vécu, je ne serais pas née. Et qu'elle était heureuse que je sois là. On ne peut réécrire le passé : mes deux garçons ne seraient pas venus au monde si nous avions fait un autre choix ce jour là. J'aurais certainement d'autres enfants mais ce ne seraient pas eux.
*** COUPURE PHILOSOPHIQUE ***
Un jour, petite fille, j'ai demandé à ma maman si elle aurait souhaité que mon frère ( mort à 7 semaines de la MSN ) soit toujours là. Elle m'a expliqué simplement et en me prenant dans ses bras, que s'il avait vécu, je ne serais pas née. Et qu'elle était heureuse que je sois là. On ne peut réécrire le passé : mes deux garçons ne seraient pas venus au monde si nous avions fait un autre choix ce jour là. J'aurais certainement d'autres enfants mais ce ne seraient pas eux.
***
Une décision de ce genre doit être prise après un temps non négligeable de réflexion personnelle.
Nous ne l'avons pas fait : nous étions sur une route déjà tracée et nous avons suivi en toute confiance le mouvement insufflé par d'autres ... On dit oui aux médecins pour des examens, puis à d'autres et tout s'enchaîne naturellement ... Nous sommes dans une société où le principe de précaution prévaut. Je ne rends personne responsable de ce qui est arrivé : je me sens seule fautive car je connaissais les risques et n'ai pas voulu les voir. J'étais juste égoïstement effrayée à l'idée de mettre au monde un enfant différent.
Bien évidemment, nous n'avons pas souhaité faire de tests sanguins pour nos deux garçons, et nous avons la chance qu'ils soient en parfaite santé.
Mais il est vrai qu'à chaque visite prénatale, j'angoissais énormément que l'on découvre une pathologie nécessitant des examens supplémentaires : quelle décision aurions dû nous prendre alors ?
Mais il est vrai qu'à chaque visite prénatale, j'angoissais énormément que l'on découvre une pathologie nécessitant des examens supplémentaires : quelle décision aurions dû nous prendre alors ?
*** GENERIQUE ***
Pour notre Lili ( ~ Angéline ~ ), avec tous nos regrets :
EDIT du 1erAoût
~ EPILOGUE ~
Je voulais vous remercier pour tous les messages que vous m'avez écrit suite à la publication de cet article. Je me sens beaucoup mieux ce matin. Vous m'avez donné énormément de pistes de réflexion.
Premièrement, j'ai changé le titre de l'épisode car je n'en supportais plus l'original : "Ceux qui ont pris la mauvaise décision". Effectivement, il n'y a pas de bonne ou mauvaise décision, il y a un choix que nous avons fait.
Ce choix fut difficile à assumer, encore aujourd'hui.
Mais je vais tenter de me montrer plus indulgente envers moi-même.
Deux personnes parmi vous m'ont écrit que porter cette culpabilité en moi est peut-être un moyen de continuer à faire vivre ma fille indirectement. J'ai pleuré en lisant ces mots. Parce qu'ils sont vrais.
Je n'ai pas envie de l'oublier. Mais je peux m'autoriser à penser à elle positivement. Soyons clair, ce sera difficile.
Le jour venu, j'espère pouvoir parler d'elle à ses frères sans culpabilité .
MERCI <3.
Prochainement dans Game of Mômes :
SAISON 2 ~ Episode 2 : Un jour sans fin ( en vacances au bord de la mer ).

C'est extrêmement fort et émouvant ce que tu as écrit là. J'en ai eu les larmes aux yeux. Tu me laisses sans voix mais non sans pensées.
RépondreSupprimerJ'accueille avec beaucoup d'émotions tes pensées, merci beaucoup.
SupprimerUne saison qui commence fort!
RépondreSupprimerJe suis bien triste pour vous, ça a dû être une période très dure mais comme tu dis, notre passé fait notre présent, votre vie ne serait pas la même aujourd'hui. Mieux ou non, personne ne sait.
Gros bisous <3
C'est exactement cela, ce fut une année très difficile, mais elle nous a façonné. Cependant, quand je pense à "elle", c'est encore si difficile à admettre...
Supprimeraucun mot ne me vient. Tes mots sont forts.
RépondreSupprimerJe sais que ce n'est pas comparable... mais lorsque nous avions fait des traitements pour avoir un bébé... j'ai voulu m'arrêter après le 9ème... on avait droit encore à un... peut-être aurait-il été le bon... mais si ça avait été le cas, je n'aurai pas mes 2 trésors venus d'ailleurs. Je n'ai pas perdu un bébé. J'ai renoncé. L'homme m'en a voulu un temps. Mais EUX sont là... grâce à ce refus de continuer...
Bisous
Je trouve que tu as déjà été particulièrement courageuse se subir 8 tentatives avant de renoncer. Tes trésors ont de la chance de t'avoir comme maman. N'en déplaise aux jaloux ;). Merci pour ton message.
Supprimerce que je voulais dire c'est que, tu n'es coupable de rien. Cette histoire, aussi douloureuse soit-elle, a permis que EUX soient là. Je me rends compte que ce que je dis peut paraitre horrible. La douleur et la perte le sont, horribles. Ce qui en a découlé non. j'espère que je suis claire...
Supprimerje viens de relire ton billet. bouleversant.
Tu es claire . Merci :)
SupprimerComme Karya et Cléophis, je t'envoie des gros bisous. ♥
RépondreSupprimerMerci.
SupprimerCa m'a retourner le coeur, j'en suis vraiment émue et je pense avoir eu de la chance d'être tomber sur cet article... Je suis désolé pour ce qui t'es arrivé, et toutes mes félicitations pour tes deux garçons qui ont dû t'apporter beaucoup de baume au coeur !
RépondreSupprimerMerci, c'est adorable.
Supprimerje suis sincèrement désolée, les larmes me viennent, je t'envoie plein de bisous
RépondreSupprimerJe prends les bisous ;), mais tu n'as pas à être désolée, tu sais. La vie est une bitch, c'est tout.
SupprimerAvec des si...
RépondreSupprimerCet épisode a du être extrêmement douloureux... mais tu ne dois pas vous en vouloir. Si tu avais refusé le test et/ou l'amio et que bébé ait finalement été atteint d'une maladie ou d'un handicap, tu t'en serais tout autant voulu, non?
Ayant eu l'occasion de travailler à plusieurs reprises avec des élèves en situation de handicap mental et physique, je peux dire que ce n'est pas évident pour les parents...
La vie est parfois mal faite et non décisions ne sont pas toujours les bonnes... mais c'est ainsi que nous nous construisons.
Ma mère a perdu une petite fille née quelques années après moi. Une petite soeur juste entrevue mais née bien trop tôt. Parfois, j'y pense. Mais quand je vois certains grands grands préma comme elle, je me dis que ce fut peut-être une chance pour elle de ne pas rester. Et puis, ça m'a donné la chance d'avoir deux frères ensuite pour me bagarrer...)
Merci d'avoir partagé ton expérience avec nous. Bises
Tout ce que tu écris est vrai, bien évidemment. Mais j'ai l'impression de m'être construite au dépend de cet enfant en devenir qui elle ne demandait qu'à vivre. C'est cela que je n'arrive pas à oublier. Mais j'y travaille. Vos messages ( à toutes ) me font du bien.
SupprimerMerci à toi d'en avoir parlé, d'en parler encore... et avec des mots aussi justes. Tu nous as beaucoup aidé (sans le savoir pourtant) lorsque j'attendais haricote.
RépondreSupprimerBisous à vous tous !
Je suis contente que notre expérience ait pu vous aider à y voir plus clair. C'est de cela dont nous aurions eu besoin. Que quelqu'un nous mette en garde clairement. Manifestement vous avez fait un bon choix ;)
SupprimerC'est difficile de ne pas s'en vouloir après cela même si tu ne pouvais malheureusement pas prévoir les conséquences de cet examen. Les médecins nous donnent des probabilités et nous laissent nous débrouiller avec pour faire nos choix... 1 risque sur 100, ça peut paraître peu mais cela devient énorme que c'est sur vous que cela tombe. Nous avons vécu cela, il y a trois ans pour notre deuxième puce qui était d'une grave malformation cardiaque (2 risques sur 1000...) et nous avons fait le choix de l'IMG pour éviter qu'elle ne souffre. Je me demande encore si c'était la bonne décision mais (nous en avons justement reparlé ce soir avec mon mari) je me dis aussi que si nous avions tenté les opérations, nous n'aurions pas notre merveilleuse choucoulinette avec nous aujourd'hui...
RépondreSupprimerJe pense que le plus difficile dans tout cela c'est de savoir que l'on ne peut pas protéger nos enfants contre tout qu'il soit déjà né ou pas encore...
En parlant de Lili dans cet épisode, tu laisses une trace de son passage dans votre vie. C'est une belle façon de montrer qu'elle tient un place importante dans ton coeur de "mamange".
Douce pensée pour votre petite Lili (et douce pensée à toi ma petite Lyla...)
Bon, ben je pleure maintenant. Merci pour ton message. Cela a dû être très difficile.
SupprimerIl n'y a pas de bon ou de mauvais choix... On est poussé, dans certaines circonstances et à un moment "T", à faire un choix qui nous semble le moins pire...
RépondreSupprimerEtant (très) jeune je suis tombée enceinte, d'un garçon que j'aimais beaucoup, avec qui j'aurais voulu pouvoir connaitre ce bonheur, mais malheureusement en tant qu'étudiants nous n'étions pas en mesure d'assumer un enfant, et ne pouvions pas compter sur le soutien de nos familles. Alors, très vite, sans trop y réfléchir, nous avons fait un choix, sans en parler à personne, sans avoir recours à un soutien psychologique.
Triste ironie du sort, une dizaine d'années plus tard, alors que j'étais mariée avec un autre, nous apprenons que nous ne pouvons pas avoir d'enfant naturellement, que nous devons obligatoirement passer par la case "FIV". J'ai beaucoup pleuré, et pour la première fois regretté ce choix, qui m'avait à l'époque paru tellement "raisonnable".
Nous sommes la somme des choix que nous faisons. L'avenir nous donnera tort, ou raison, mais il n'appartient qu'à nous de les faire, nous avons notre vie en mains. En ce qui me concerne, j'apprécie à 300 pour cent le bonheur de voir grandir notre petit bonhomme "éprouvette". A sa naissance tous les "et si..." qui avaient pu me traverser l'esprit se sont envolés. Pourtant, si j'avais été dans ton cas pendant ma grossesse, cela aurait posé un gros souci car mon mari et moi avons une grosse divergence sur ce sujet en particulier. Pour moi, avec mon vécu, j'estimais ne pas pouvoir faire à nouveau un tel choix en cas de risque supposé de trisomie. Pour lui, c'était irresponsable de mettre au monde un enfant dans ces circonstances: "et quand nous ne serons plus là, qui s'en occupera?" disait-il. Heureusement, nous n'y avons pas été confrontés.
Merci d'avoir partagé ce pan de votre vie très privée. Juste en parler, plusieurs années après, quand on a pu surmonter cette épreuve, c'est important!
Merci pour ton témoignage, il est très touchant et très bien écrit. C'est vrai qu'en parler est important.
SupprimerJe reçois cet article en pleine face, mais cependant, la peine que j'ai eu pour toi et pour mon fils, est, aujourd'hui adoucie ,parce qu'il m'arrive souvent de penser en silence à cette petite fille dont je me suis donner le droit d'imaginer depuis que Baptiste est né.
RépondreSupprimerUn jour Pascal m'a dit :",je pense que Florence aura que 2 enfants" .Je lui ai rappelé avec respect et douceur que tu n'as pas vécu que 2 grossesses.La vie est faite d'épreuves, c'est courageux d'en avoir parlé.Je vous embrasse tous les deux.
Je pense souvent à elle également, j'aimerais qu'ils soient les trois autour de nous. Tout en sachant qu'elle aurait dû naître quelques jours avant que je ne commence la grossesse de Baptiste. C'est donc impossible. Si elle était née , mes deux autres enfants ne seraient pas là.
SupprimerTu as vécu ta décision comme une grave erreur, mais ce n'est pas toi la responsable , ce sont ces maudits chiffres qui ont semés le doute dans ton esprit,dans celui de ton mari, dans le mien et dans bien d'autres , je pense aux professionnels de santé.
SupprimerEt si c'était une grave erreur, saches Florence que tu l'as corrigée sans délai.C'est admiratif et ça représente réellement ce que tu es.
Merci.
SupprimerTu dis : "J'étais juste égoïstement effrayée à l'idée de mettre au monde un enfant différent."... Et si tu ôtais la flagellation incarnée par "égoïstement"?...
RépondreSupprimerTu as fait un choix, en fonction de ce que tu te sentais prête à assumer ou pas... Différence certes. C'est le terme politiquement correct employé de nos jours. Nos jours si lisses où rien ne doit choquer les âmes sensibles. Alors, on édulcore. On parle de "ronde", bien qu'on soit obèse (Je suis grosse. Ça me désole, mais en revanche j'assume l'adjectif. Ce n'est pas une injure, juste un adjectif qualificatif!)!... Suggérer, mentir sur la réalité. Une tare de notre temps.
Alors Flo, dis-toi juste que tu avais peur du handicap, de sa gestion. Peur que ce soit trop lourd à porter. Peur de ne pas être heureuse, de sacrifier ta vie. Peur de ce que deviendrait cet enfant une fois adulte, et ce encore plus, une fois que toi et ton amoureux seriez décédés... Car c'est l'angoisse de tous les parents de gamins handicapés, et elle se comprend! Comme se comprend la trouille et le refus du risque d'assumer un enfant handicapé.
Et naturellement, je rejoins parfaitement l'analyse d'Anaïs et Cedric. ;)
Ton commentaire me touche particulièrement car c'est exactement la discussion que nous avons eu hier soir avec LdmJ. Et il partage complètement ton avis. C'est aussi le mien (même si c'est difficile pour moi de le reconnaître ). Cependant ... elle était en parfaite santé et n'avait rien demandé.
SupprimerPromis je vais tenter de ne plus m'auto-flageller.
Stooooooop! Si tu veux ne plus t'auto flageller, plus de "cependant", parce que c'est juste un "oui mais..." déguisé. Plus de "elle n'avait rien demandé"... Toi non plus!
SupprimerTu sais, les mots pensés, exprimés ont une puissance sur notre inconscient. Ils peuvent résonner très fort. Bien les choisir, c'est refuser tous ceux possédant une connotation négative, car malheureusement notre cerveau est un peu pourri : Il engrange le négatif au détriment du positif. Il faut donc être vigilant, rester attentif envers soi.
Tu dois t'adresser à toi-même avec autant d'amour et de bienveillance que tu le ferais envers une personne chère à ton cœur...
En te lisant, je me dis ; d'une part que tu es capable d'exprimer parfaitement tes pensées, et qu'il est plaisant de te lire d'autre part que si j'avais suivi une psychothérapie, j'aurais aimé tombé sur une personne telle que toi ( d'ailleurs c'est quoi ton taf ? ;) ).
SupprimerJe me montre très dure envers moi-même, alors que j'aurais réagi comme vous si cela était arrivé à une amie.
En tout cas cela m'a fait un bien fou de l'écrire et surtout de lire toutes les réponses qui m'ont été apportées, merci merci merci. Et je vais essayer de mettre en application tes excellents conseils
Voici que maintenant c'est moi qui suis touchée d'avoir peut-être pu t'être de quelque utilité...
SupprimerNon, je ne suis pas psy, mais je travaille en relation étroite avec eux (Ce qui ne me confère pas leur savoir!), j'ai cependant des formations de type psy nécessaires à mes fonctions puisque je travaille (Travaillais, avant de m'expatrier et de rester le cul soudé à mon canapé pour cause de soucis de dos et hanche XXXXL... Ce qui explique ma présence internétique aussi XXXXL!) dans le secteur social. Consultante en insertion, avec une grosse part d'accompagnement de personnes en situation de grande précarité, et donc de souffrance. Voilà, tu sais tout.
Mais je note : "si j'avais suivi une psychothérapie"... Il n'est jamais trop tard.
Faut juste le vouloir. En ressentir la nécessité, et ensuite il y a des trucs essentiels à connaître pour ne pas aller dans le mur!... Trucs sur lesquels, si tu avais envie de suivre cette voie, je pourrais te briffer. ;)
Je me doutais que ton métier était dans le secteur social. Je ne pense pas être prète à suivre une psychothérapie. Mettre ma souffrance, mes états d'âme entre les mains d'une seule personne me fait peur, je l'avoue. Mais si je décide de franchir le pas, je te demanderai conseil.
SupprimerJe ne sais quoi te dire, ton article est très émouvant. Vos garçons ont de la chance d'avoir des parents comme vous :)
RépondreSupprimerMerci. Euh faudra dire cela à Fils Aîné qui vient de me proclamer haut et fort qu'il veut une autre maman --'. ( Terrible five ).
SupprimerOh, c'est dur ! Pour ma part, j'étais aussi peu informée que toi des risques de l’amniocentèse, et je ne connaissais pas le taux de fiabilité de ce test. Chance : on nous a annoncé une probabilité de 1 sur dix mille. C'est plus tard que ma soeur, qui était enceinte en même temps que moi, m'en a parlé, car elle a choisi de ne pas faire le test. Elle m'a dit qu'après tout, si le test était positif et n'entraînait pas une fausse couche, et qu'ils choisissaient de garder cet enfant, la société entière le leur reprocherait et que ça rendrait peut-être la situation plus dure que le handicap lui-même. Et s'il entraînait une fausse-couche elle s'en voudrait toute sa vie, et qu'elle n'était pas sûre de se sentir bien avec elle-même en choisissant de ne pas garder un enfant sous prétexte qu'il serait différent. Et à la réflexion, moi aussi.
RépondreSupprimerEt puis, plus tard, j'ai ai appris que, selon les pays, les handicapés étaient traités différemment. Le système français est tel qu'ils se retrouvent la plupart du temps en institution, ce qui freine leur progression, en plus de coûter très cher à leurs parents et d'entraîner souvent des déménagements et des emplois du temps plus que chargés pour toute la famille. Mais en Italie par exemple, la plupart sont scolarisés avec les autres enfants, car leurs structures sont mieux adaptés et leurs enseignants mieux formés à s'occuper d'élèves particuliers. Alors, s'il s'avérait que notre deuxième enfant devait être trisomique, avant de prendre une décision fatale je proposerais à mon mari d'émigrer là-bas. De même d'ailleurs si Simon (ou notre deuxième enfant) devait s'avérer autiste -pour ça, il n'y a pas de test avant la naissance ! Mais tout ça, quand j'étais enceinte de Simon, je ne le savais pas, et j'aurais pu, moi aussi, prendre une mauvaise décision.
Ton témoignage est important aussi car il montre à quel point notre société rejette certaines différences et préfère d'autres risque plutôt que celui-ci. Je pense très fort à toi, ça a dû faire très mal.
Etrange impression... Ce témoignage est-il sensé aider Flo à déculpabiliser? Et si oui, de quelle manière?
SupprimerCela dit, j'ai peut-être des soucis de compréhension aujourd'hui...
J'aurais dû mettre des guillemets à "mauvaise décision", ou plutôt écrire "une décisions que j'aurais regrettée plus tard" parce que comme le dit l'anonyme plus haut, il n'y a pas de bon ou de mauvais choix ; ça peut l'aider à déculpabiliser, parce que même si ma façon de l'exprimer n'est pas très claire, quand j'étais enceinte, j'aurais probablement fait le même choix à sa place. Mais ça met aussi en lumière d'autres choses qui permettront peut-être à des futurs parents de voir autrement, d'avoir d'autres pistes de réflexion : on met l'accent sur le risque d'anomalie du fœtus, pas du tout sur la fiabilité du test et très peu sur les risques du test lui-même, et on nous pousse souvent à faire vite. Et, comme pour beaucoup d'autres choses, on ne s'informe pas tellement tant qu'on n'y est pas confronté, on le fait dans l'urgence, quand on n'a pas le temps de réfléchir. Et les choix qu'on fait sont grandement influencés par la société dans laquelle on vit : Flo n'est pas la seule à avoir peur du handicap, toute la société en a peur, donc elle les cache (comme les vieux) avec des mots, et dans des institutions qui rendent plus compliquée la vie de leur entourage et les rend eux plus effrayants encore. Et même si j'ai eu cette réflexion, ça ne m'empêchera pas d'avoir peur que mon deuxième enfant soit handicapé. Et si j'espère que ce que je fais du résultat du test sera différent, rien ne dit que je ne le ferais pas (ne serait-ce que pour anticiper la suite de notre vie), au risque de le regretter moi aussi.
SupprimerEt mon témoignage peut aussi montrer une possibilité à d'autres parents à qui on aura dit "une chance sur 10 000" et pour qui c'est tombé sur la "mauvaise" chance, ou à ceux dont l'enfant a eu une méningite, ou s'avère autiste, ou tout ce qu'on ne peut pas prévoir avant la naissance et qui leur compliquera grandement la vie.
OK. Ça corrobore ce que j'exprime par ailleurs : Attention aux mots, et même à la ponctuation. Tout en voulant exprimer une idée parfaitement similaire, ils peuvent blesser ou apporter réconfort. Il faut les peser très précisément lorsqu'on les adresse à une personne en souffrance.
SupprimerMerci des éclaircissements...
Pas de souci Lydoue ;)
SupprimerMon article amène à se poser différentes questions et la place de l’enfant handicapé dans la société en est une.
Là où je rejoins totalement Agnès : c’est vrai que les tests pratiqués durant ma première grossesse m’ont semblé imposés alors que nous avions le choix de les refuser.
D'ailleurs je me souviens parfaitement d’un médecin qui lors de ma deuxième grossesse ( durant laquelle j'ai eu aussi beaucoup de soucis mais d'un autre genre ) m’a demandé en fronçant les sourcils et d’un air sévère pourquoi j’avais refusé de faire le test de la trisomie 21 . Il m’a parlé d’un ton très infantilisant, croyez -moi qu’il a été très mal reçu et s’est retrouvé bien déconfit quand je lui ai expliqué les raisons de notre refus.
Pour ma part, je ne me sentais vraiment pas l’âme, ni le courage d’élever un enfant handicapé, pour lui, pour moi, pour notre couple.
Ton témoignage me retourne l'estomac et je ne peux qu'imaginer la douleur que tu dois encore ressentir aujourd'hui...Merci à toi de partager cet épisode douloureux de votre histoire !!
RépondreSupprimerQuand j'ai su (à 3 mois de grossesse bien tassés) que j'étais enceinte de Miss Poulette, ma première inquiétude c'était comment allait ce petit être qui a grandi en moi alors que j'ai fêté 2 mariages, les 50 ans de mes beaux-parents (donc pas du tout attention à l'alcool meme si au final je ne bois pas grand chose), à Astérix (où j'avoue j'étais bien malade mais je pensais que c'était à cause des manèges à sensation fortes lol), aux médoc que je prenais comme d'hab (même si j'en ai pas pris des masses), cette crainte d'avoir un enfant différent m'a bien évidemment traversé l'esprit d'autant plus que je ne pouvais plus faire machine arrière...mais au final tout s'est bien passé et je me rappelle encore ma mère au tel "elle a bien 5 doigts sur chaque main et 5 orteils sur chaque pied ?" et puis elle est venue vérifier par elle-même le lendemain lol
GROS BISOUS
Merci Suzanne. Bisous également.
SupprimerTa petite coupure philosophique, c'est ce que j'ai dit à ma meilleure amie quand elle est tombée enceinte après son IMG.
RépondreSupprimerTon expérience est dure ... Mais elle aidera peut être des parents. Une amie a du faire une amnio aussi pour un risque de 2/80. Son fils n'avait rien ... Pour mes 2 derniers enfants je n'ai pas fait la pds. bisous
J'espère qu'elle aidera d'autres parents, c'est aussi pour cela que je l'ai écrit. Cela donne des pistes de réflexion et même si parfois on préfèrerait ne pas savoir ...
SupprimerMon message d'hier est un peu étrange mais j'étais sur mon téléphone ...
SupprimerComme tu dis, parfois on préfère ne pas savoir... ou avoir confiance en la vie.
C'est un moyen de se rassurer comme on peut, mais j'essaie de croire au mektoub, de me dire que si c'est arrivé, c'est qu'il y avait une raison.
Ma meilleure amie qui a du faire le choix d'une IMG continue de se demander si son fils aurait pu survivre à ses multiples opérations à la naissance, elle continue de se demander si elle a fait le bon choix ... je crois qu'on a toutes des raisons de culpabiliser et de douter de nos choix.
Parfois, mes enfants me demandent pourquoi je ne les ai pas fait plus tôt ou plus tard, je leur réponds simplement que si les choses avaient été différentes, aujourd'hui, ce ne serait pas eux qui seraient avec moi, mais d'autres enfants. Ils n'étaient pas une graine unique en attente. Il y avait d'autres possibilités multiples et aujourd'hui, je ne veux personne d'autres qu'eux.
Croire au mektoub est assurément une belle philosophie de vie.
Supprimerbeaucoup de courage de le raconter... ce n'est pas si facile !
RépondreSupprimerpour ma part, 2 FIV sous pilule en étant étudiante, vivant en cité et travaillant le we pour manger. un personnel exécrable qui nous fait sentir coupable (et le gynéco pas foutu de voir que la pilule ne fonctionnait pas ?? ). des larmes en entrant dans la salle d'opération, à en faire pleurer le chirurgien. puis la vie a continué, 1 fausse couche avant mon 1er, puis un 2me 5 ans plus tard. ils sont beaux, en pleine santé, débordants de vie. mais la crainte tout au long de mes grossesses m'a habité.
aujourd'hui je peux remercier la maman d'un ami, qui m'a cajolée, consolée, écoutée, conseillée, qui a forcé les barrages de l'hôpital pour venir me soutenir, grace à elle j'ai pu remonter la pente. en parler soulage, fait du bien, aide à cicatriser. la cicatrice reste, mais elle est plus supportable.
il faut en parler... bravo de l'avoir si bien décrit, bravo de surmonter tout ça, bravo pour les 2 terreurs qui ont suivi, bravo pour cet humour d'habitude qui nous fait nous évader...
bon courage à vous !!
Votre expérience est très dure également. C'est bien d'avoir trouvée une oreille amie dans ces moments qui ont dû être bien difficile. Bonne continuation à vous et à votre famille.
SupprimerEt merci.
Je suis si désolée ... que les circonstances vous aient forcés à prendre cette décision ... et qu'elle ait eu cette conséquence ... Tu ne dois pas t'en vouloir, les grossesses et leur batterie d'examen et de surveillance orientent nos choix, et quelque part rajoutent de l'angoisse quand parfois il n'y en a pas.
RépondreSupprimerMerci de nous avoir fait partager ton histoire, et tu vois ta petite, on la connait tous maintenant.
Et comme tu le dis si bien, tes petits gars ne seraient pas là si ...
Nos choix et notre passé dictent notre vie actuelle et font de nous ce que nous sommes...
Je t'embrasse, tendres pensées <3
Je la fais vivre un peu, effectivement. Merci de me le dire, cela me touche.
SupprimerRécemment ma soeur (heureuse maman en burnout de 4 magnifiques filles) m'a rappelé que la culpabilité n'avait aucun sens à partir du moment où les choses ne sont pas faites avec l'intention de nuire... C'est un sentiment qui m'empêche souvent d'avancer, difficile de s'en débarrasser mais néanmoins indispensable de le faire :). Merci pour ce blog, merci de partager tout ça, les bons les mauvais moments.
RépondreSupprimerMerci à toi.
SupprimerJe découvre seulement aujourd'hui ce qui t'es arrivé...que c'est dur tout ça...surtout de vivre avec la culpabilité...Je t'embrasse bien fort et je pense bien fort à ton petit ange...
RépondreSupprimerMerci :).
SupprimerLe chemin est toujours difficile pour sortir de la culpabilité surtout quand celle ci concerne la vie de son propre enfant... n'hésite pas à te faire aider surtout, personnellement, il m'a fallu un an avant d'aller un parler avec un psychologue et encore un an pour alléger le poids que j'avais sur le coeur.
RépondreSupprimerLili fait partie de ton histoire et elle vivra toujours à travers toi.
Pour ma part, Lyla m'a fait le plus beau des cadeaux : grâce à elle j'apprécie davantage les petits moments de joie avec mes filles et j'arrive plus facilement à surmonter les épreuves de la vie...
J'espère qu'un jour le passage de Lili dans ta vie se transformera aussi en une nouvelle force pour toi.
Je l'espère également, merci pour ton soutien.
SupprimerSimplement pour te dire que ma puce était en bonne santé, rien qui ne cloche et pourtant, sans explication, son coeur s'est arrêté... Et même là, la culpabilité est présente car les médecins te demandent d'emblée ce que tu as mangé ou fait la semaine d'avant, chose dont tu ne te souviens pas vraiment, évidemment... Cela veut donc dire aussi que ma puce n'est pas seule là-haut et avec la tienne, quelque part... courage à toi !
RépondreSupprimerMerci pour ton témoignage, outre la détresse ressentie à l'annonce du verdict, la culpabilité s'invite toujours également.
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